Liberté de circulation, liberté d’installation, non au racisme !

Publié le par Pavillon Noir

 
L’été 2010 a connu son lot d’abjections au lendemain du discours prononcé par Nicolas Sarkozy le 30 juillet à Grenoble : l’industrie du charter a tourné à plein régime, les retours prétendument volontaires des Roms vers la Roumanie ont disputé la palme médiatique aux fermetures de campements des gens du voyage pour des prétextes tous plus fallacieux les uns que les autres.

 

La Fédération anarchiste récuse les termes de xénophobie d’Etat utilisés pour qualifier ces événements dignes des heures les plus noires de l’histoire de l’humanité ; si tel était le cas, seuls les ressortissants roumains auraient été victimes des exactions des gouvernants et de leur police. Or les gens du voyage, citoyens de notre république si donneuse de leçons en matière de droits de l’homme subissent le même harcèlement, c’est donc que le problème n’est pas exactement du domaine de la nationalité. Il s’agit plutôt d’un véritable racisme ancré tant dans une société sédentarisée depuis des millénaires et à qui les nomades inspirent une peur fantasmée, que dans les politiques des Etats, quelle que soit leur couleur politique, pour qui les itinérants sans patrie ni frontières sont des sous-hommes qu’on fiche plus que les citoyens dits « normaux », à qui on impose un carnet de circulation à faire viser par la gendarmerie, à qui on refuse l’accès à des campements décents pour mieux les chasser de ceux, insalubres, bruyants et dangereux, où ils ont été contraints de s’installer en désespoir de cause.

 

De ce point de vue, choisir au creux de la torpeur estivale un bouc émissaire dans les populations romes ou dans les gens du voyage procède du même principe que celui qui présida autrefois aux rafles et mena les Gitans dans les camps d’extermination, il est même jusqu’à des députés UMP qui s’en sont émus. Briser la solidarité de classe a toujours été le jeu favori du pouvoir. Tout grossier qu’il est, le procédé n’en est pas moins efficace pour canaliser les ardeurs revendicatrices des victimes de la guerre sociale, comme en témoigne un sondage publié par le Figaro daté du 27 août.

 

Quoi qu’il en soit, le spectacle des hordes policières mettant à sac, brutalisant chacun jusqu’au plus faible, est le même en 2010 qu’en décembre 2002, quand le ministre de l’Intérieur de l’époque faisait fermer Sangatte, qu’en septembre 2009, quand le ministre de l’Identité nationale faisait fermer la jungle de Calais, et la logique qui prévaut dans toutes ces tragédies humaines est la même : seconder le système capitaliste dans son désir de contrôler les flux migratoires au seul profit de ses intérêts, chasser les pauvres improductifs des rares endroits où ils pourraient être un peu moins miséreux.

 

En ce sens, dénoncer la politique des gouvernements roumain et français sans la mettre au regard de l’exploitation capitaliste revient à s’arrêter au milieu du gué ; invoquer la Constitution comme bouclier des opprimés relève de la naïveté, et mêler à une manifestation de solidarité à tous les migrants la célébration du 140ème anniversaire d’une république fondée par un personnel politique qui comptait tous les bourreaux de la Commune, qui pilla par la colonisation les richesses naturelles et humaines de nombre de pays d’Afrique et d’Asie, qui fit tirer sur des grévistes et qui lança la classe ouvrière dans les deux plus grandes boucheries de l’Histoire s’assimile à une manipulation.

 

C’est pourquoi la Fédération anarchiste appelle ses adhérents et ses sympathisants à participer aux manifestations et rassemblements organisés le samedi 4 septembre dans de nombreuses villes de ce pays sur ses propres bases : liberté de circulation, liberté d’installation partout sur la planète, non au racisme d’Etat, oui à la solidarité internationale entre les exploités.

Fédération anarchiste

http://www.federation-anarchiste.org

tous en danger

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